A proximité des acanthes, et sous la Piéta du XVIIème, visiteur occasionnel ou régulier de l'atelier physique ou du site virtuel, il ne vous a pas échappé que la teinte RAL7033 de la porte, du portail et des volets du 8, rue Canabasserie était très proche de celle du logo Audio-Station ! Ce n'est pas un hasard ... Ce qui est plus curieux, c'est la découverte des créations en terres mêlées de Laurence Huetter, rue François Oustrin, à base, en particulier, d'une teinte proche du même RAL. C'est ainsi que nous vint l'idée (folle ?) de transposer dans le monde physique, et en trois dimensions, le logo visuel 2D.
"Pourquoi pas ?!" répond aussitôt Laurence, mais pas simple, alors pas simple du tout.
Début juin 2026, dans un premier temps, il conviendra de convertir les cotes à une échelle compatible avec la dimension du four de cuisson, soit 52cm. Ce sera la longueur de la maquette. La pile de disques centrale atteint, par exemple, un diamètre de 12,4 cm.
Commence alors un lent travail de construction des caractères à partir d'une pâte à tarte de 5 mm d'épaisseur, en terre chargée d'oxydes. Le positionnement de chaque lettre est réalisé sur une poutre longitudinale à deux niveaux interrompue en son milieu par le cylindre des disques. Chaque "collage" est réalisé à la barbotine, de la terre saturée d'eau, comme une boue. Le réglage des jonctions, l'imbrication, est très subtil, dans l'espace, de manière à respecter au mieux le modèle et il faut tenir les 52 cm ! Après AUDIO, nous assemblons STATION, en commençant par le N, toujours en portant également une grande attention à la finition de l'arrière de la sculpture.
La fin de chaque session de travail est suivie de l'opération de protection sous sac plastique : les irrégularités d'hygrométrie sont le cauchemar du potier qui redoute un fissurage de son oeuvre lors de la cuisson... on croise les doigts.
Vient ensuite le tournage de la pile de disques et le rainurage. L'étiquette blanche et son titre, qui représente le trait d'union, seront, avec le positionnement du S et la signature de l'artiste, les ultimes étapes achevant le prototype.
Après plus de 45 heures de travail, quarante-cinq, l'étape suivante du séchage à la température ambiante (avec des pointes à 36°C attendues...) va s'étaler sur une dizaine de jours, entraînant une rétractation de la matière de l'ordre de 10%. Et ce sera le moment de passer à la cuisson à 1050°C.
28 juin : La cuisson a réussi, hormis une minuscule fissure vite comblée. Un polissage final du "biscuit" obtenu, précède l'émaillage final qui sera achevé à 950°C .
3 juillet, Laurence ouvre le four redescendu à 50°... ouf , quasi parfait, hormis quelques micro-détails oubliés, visibles au dessous, mais le gâteau de pâte d'amande et de chocolat est prêt à servir : on en mangerait.
Un grand bravo à Laurence !
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